5 bonnes raisons de tenir un journal

5 bonnes raisons de tenir un journal

L’été de mes 12 ans, j’ai pris l’habitude de monter voir mes voisins du dessus, un couple de personnes âgées à la retraite. Je montais juste après le 13h de Jean-Pierre Pernaut et nous regardions ensemble Les Feux de l’amour. Je restais environ une heure puis je redescendais. C’était devenu un petit rituel. Après les vacances scolaires, je montais les voir en début de soirée pour perpétuer notre rituel. Quoi qu’il en soit, c’est cet été-là, que le couple m’offrit mon premier journal intime. Un beau carnet couleur rose pâle avec une couverture romantique d’une jeune fille, de dos, style dix-neuvième siècle, sur un pont regardant le fleuve. Je fus très émue par ce cadeau car j’en recevais rarement à cette époque. Pourtant ce cadeau devint vite une torture.

Une fois chez moi, je regardais ce carnet avec fascination. Qu’allais-je bien pouvoir écrire ? Ce carnet était si beau à mes yeux qu’il fallait que ce que j’y écrivis soit d’une excellente qualité. Mais hélas ! Je n’avais jamais tenu de journal et j’ignorais complètement ce que je devais y mettre. À chaque fois que j’étais sur le point d’écrire quelque chose, ma main était retenue par une force invisible qui semblait crier « Malheureuse ! Mais qu’es-tu en train de faire ! Tu as failli souiller ce beau cahier de ton écriture tremblante et ennuyeuse. » Je stoppais net ce que je faisais, fermais le journal et regardais sa couverture en imaginant ce à quoi cette jeune fille était en train penser. L’été passa ainsi sans que je remplisse une seule fois ce journal.

Puis, à la rentrée scolaire, je rendis visite à une copine de classe et dans sa chambre, je vis un carnet avec ces mots écris dessus « Mon journal intime ». Je m’en emparais et lui demanda ce qu’elle y écrivait.

« Ben, j’y raconte ma vie. Mes journées…

  • Ah mais comment tu fais ?
  • Comment ça, comment je fais ? J’écris c’est tout. Par exemple, hier, mon père m’a trop pris la tête, eh ben, j’en ai parlé.
  • Ah ! Mais tu n’as pas peur qu’il le lise.
  • Pff ! Je m’en fous et de toute façon, il ne peut pas le lire vu qu’il y a un cadenas. T’as vu ? »

Ah malheur ! Le mien ne portait pas de cadenas ! Au sentiment d’impuissance et de frustration que j’avais vis-à-vis de mon journal, un nouveau sentiment s’y ajouta : le ressentiment ! Non seulement ce satané carnet ne voulait pas que j’y allonge mes pensées mais si je m’y risquais, il pouvait dévoiler tous mes secrets !

Qu’à cela ne tienne ! J’allais y écrire que des choses insignifiantes ! Ce journal allait être un journal de bord où je raconterai tout ce qui s’était passée dans ma journée et comme il ne se passait pas grand-chose, aucun risque de trahison ! Avec cette décision en tête, je m’attablais, prête à conquérir les pages de ce journal. Ce que je fis ! Mais j’avoue qu’après avoir fini de coucher les mots sur le papier, la déception prit le dessus. Mes phrases étaient d’un ennui mortel. Je pense que le rapport d’un gardien de prison sur les prisonniers avait plus de saveur que ma vie fade. J’avais souillé mon journal. Cette culpabilité m’accompagna quelques jours puis un soir, je repris le journal et je me mis à lui parler. Je l’ai appelé Emy. J’ai commencé avec elle une relation épistolaire (à sens unique évidemment).

Depuis, je n’ai pas cessé de remplir des pages de journal. Cela fait plus de 30 ans que je me confie régulièrement et tenir un journal m’a énormément aidé à surmonter pas mal d’épreuves. Mais surtout, l’écriture dans mes journaux m’a permis d’apporter de la clarté et une meilleure connaissance de moi-même. Dans la vidéo de la semaine, je vous donne 5 bonnes raisons (parmi tant d’autres) de tenir un journal et cerise sur le gâteau, j’ai un petit cadeau pour vous à la fin.


Bonne semaine.

Mariama DIALLO

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